9 janvier 2009
Une petite entrée à propos de mes découvertes artistiques et culturelles qui méritent qu’on ne les oublie pas :
- Une publicité que je croise souvent dans la gare de la Part-Dieu me fait surprend à chaque fois. Elle annonce un téléphone portable d’une belle forme épurée et de fines majuscules impriment par-dessus un slogan renversant : « de la communication à la poésie ». J’ai l’impression qu’on n’aurait pas de telle publicité en Amérique, tant la poésie est perçue comme l’anti-productivité, l’anti-effectivité – ce qui gêne nos littératures capitalistes. Je pense que l’Europe cultive davantage que nous le goût pour les belles choses et la France, surtout, en ce qui a trait à la littérature.
- Une installation artistique qui se veut une réflexion sur la Seconde Guerre mondiale, au nord de Place Bellecour. Elle se constitue d’un amalgame de piliers de béton entre lesquels le promeneur peut évoluer et, sur plusieurs d’entre eux, il est imprimé des poèmes de différents écrivains qui parlent, à leur manière, du terrible événement. Et puis, sur une des colonnes du fond, le philosophe concepteur nous indique, entre autres, que la mémoire est un lieu de passage. Désormais, cette expérience du souvenir fera plus que passer en moi, du moins.
- J’ai fini la lecture du recueil Pourquoi nous aimons les femmes du Roumain Cărtărescu et cette écriture de l’intime, à portée largement autobiographique, m’a beaucoup plu. Comme je l’avais remarqué chez Popescu, ici encore la beauté que la littérature s’applique à décrire ne procède en rien – ou presque – de la rhétorique, elle est toute calquée depuis la tendresse du réel même, du quotidien ; c’est plein d’amour. Cette simplicité, dans son sens le moins péjoratif possible, fait donc plaisir à lire, autant pour le fond que la forme : le récit des souvenirs, des réflexions et des rencontres ancrés dans un espace spatio-temporel qui m’est presque totalement inconnu s’est avéré envoûtant.
- Je suis allée hier pour une deuxième fois au Hot Club de Lyon (association née en 1948), une boîte de jazz située près de la Place des Terreaux et qui a accueilli tous les grands noms du genre. J’aime beaucoup cette petite salle située dans un sous-sol aux voûtes de pierre, auquel on accède après avoir payé un tarif réduit pour les étudiants ; les musiciens sont toujours de qualité et on peut boire un sympathique verre de Côtes-du-Rhône pour 1,60 euros si le cœur nous en dit. Peut-être que le bonheur a le goût du rouge et le son de Peterson ou de Reinhart.
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